CHABAS Maurice (1862 - 1947)

Né dans une famille de commerçants cultivés dont le père était également peintre amateur à ses heures de loisirs, qui encouragea la vocation de ses deux fils Maurice et Paul, puisque son aîné reprenait l'affaire de commerce familial.

Ils intègrent très tôt l'Académie Julian, ou ils auront pour enseignants; le professeur en titre Tony Robert-Fleury, (1837-1911) ainsi que: William Bouguereau, (1825-1905); Gustave Boulanger,(1824-1888); Jules Lefebvre, (1836-1911) et entre autres pour condisciples; Jules Adler, (1965-1938)

Peintre de chevalet et d'art monumental, il fut très productif. Sa première exposition a lieu au Salon des Artistes Français en 1885 où il présentera ses œuvres jusqu'en 1913, il y découvre Pierre Puvis de Chavannes qui l'influencera par son style est ses sujets. Il expose beaucoup notamment au Salon des Amis des Beaux-Arts de Nantes de 1890 à 1907 et à divers salons d'inspiration chrétienne. Artiste sensible et mystique il adhère aux pensées développées par Péladan et participe à tous les salons de la Rose-Croix de 1892 à 1897, Il y rencontrera Alphonse Osbert dont certaines oeuvres sont proches par l'inspiration et la technique et fait partie de Groupe des Inquiets( plus tard appelé l'Eclectique) qui exposera en 1894. Ses peintures symbolistes de factures encore académiques, se parent de titres aux noms évocateurs d'un idéal mystique qu'il pense être nécessaire à l'être humain: " Celsa( Phase extatique)" ou "Mélété( Mélodie du soir-sensation de calme et de recueillement)". Sa notoriété s’étend et dès 1895 son œuvre est l'objet d'une exposition à la Galerie des Arts réunis (avenue de l'Opéra) à Paris. Le divisionnisme lui fait adopter un style moins classique pour ses paysages de rêve et ses ciels éthérés. Parallèlement il réalise de nombreux décors comme celui de la mairie de Montrouge en 1884 et du XIV arrondissement de Paris en 1889,

Il obtient en 1895 , la décoration du Buffet de la Gare de Lyon-Perrache, comprenant 4 grandes toiles marouflées représentant des : " Allégories à la gloire de la soierie lyonnaise ", ces tableaux semblent avoir disparus au moment des travaux de rénovation. En 1898, il participe au Concours ouvert pour la décoration de la salle des mariages de la mairie de Vincennes qu'il remporte. Il réalisera cet ensemble de 7 toiles marouflées, en 1902. Il demeure alors 3 rue Joseph-Bara à Paris.

A partir de 1900,il s'installe au 3 Villa Sainte-Foy à Neuilly-sur-Seine, son atelier se transforme en salon ou se retrouve Léon Bloy, écrivain catholique, qui s'intallera en 1911 à Bourg-la-Reine, Lévy-Brult, le Père Antonin Sertillange,(1863-1948) qui est alors secrétaire de la revue bilblique, après en avoir été le censeur; Camille Flammarion, astronome, passionné de spiritisme; Maeterlinck, écrivain catholique, futur Prix Nobel de littérature(1911); le professeur de médecine Charles Richet également futur Prix Nobel de Médecine,(1913); Joséphin Péladan, écrivain mystique et occultiste, fondateur du Salon Rose+Croix. René Guénon, Edouard Schuré et autres confrères du groupe fréquentent également son atelier. Il reçoit cette même année,commande de monsieur Dervillé alors directeur de la Société des Chemin de Fer: Paris-Lyon-Méditerranée, (PLM), par l'intermédiaire de son architecte en charge de la décoration Monsieur Marius Toudoire, d'une toile pour la Grande Salle du restaurant " Le Train Bleu " de la Gare de Lyon à Paris, ou il réalise la toile marouflée: "Marseille".

En 1910, il fait la connaissance en Belgique d'une jeune fille née à Anvers en 1888, se nommant Gabrielle Storms-Castelot. De cette union naîtront deux garçons ; André Castelot en 1911, qui deviendra un historien de renommée et en 1914 Jacques Castelot qui sera comédien, puis plus tard une fille ; Germaine Chanteaud-Chabas qui sera également férue d'astronomie. A la guerre, ils quitteront la Belgique pour se réfugier en Angleterre puis rentreront en France au cours du dernier trimestre de l'année 1914 et résideront au 42 rue de Lubeck à Paris. Il s'oriente dès lors vers une simplification stylistique, soumise à une pensée spirituelle et cosmique qui aboutit vers 1920 à une abstraction totale, dont il présentera les travaux à Nantes en 1925 mais aussi à la Galerie Devambez en 1913 laquelle édite un recueil de lithographies accompagné d'un texte du peintre Vers l’Amour suprême, destiné à élever les âmes et les aimanter vers les états supérieurs de la Vie universelle. Présent aux Salons et aux Expositions universelles de Paris en 1900 et Bruxelles en 1910. Il reçoit dans son immense atelier de Neuilly, en Mars 1914 Madame Judith Gautier seule femme peintre à avoir obtenu une dérogation pour exposer au Salon Rose+Croix, leurs entretiens sont d'ordre spirituel

En 1923 il est cofondateur du Salon des Tuileries avec ; Bessie Ellen Davidson, Charles Dufresne et participe le 15 Juin au déjeuner organisé par Ambroise Vollard pour le premier et unique prix littéraire des peintres dit:Prix des Peintres et dont le lauréat sera Paul Valéry. Parmi le Jury Louise Hervieu, Jacqueline Marval, Marie Laurencin, seules femmes parmi ces messieurs ; Besnard, Georges Besson, Bonnard, Boudelle, Maurice Chabas, Chagall, Maurice Denis, Derain, Forain, Gervex, Laprade, Matisse, Picasso, Rouault, Rousse, Sem, Signac, Van Dongen, Vlaminck, Vuillard.

Il devient membre du Salon d'Automne ainsi que de la Société idéaliste et de la Société moderne et expose au Carnegie Institute of Pittsburgh. Il restera fidèle à un spiritualisme exalté qu'il défend encore en 1935 dans une lettre au directeur des Beaux-Arts et conservée aux Archives nationales: " L'Humanité actuelle a besoin d'un idéal supérieur. Nous ne pouvons plus vivre dans le déséquilibre créant la dysharmonie qui mène à la destruction et à la mort. Il faut l'Esprit pour donner la vie à la matière et aux œuvres. C'est son ami Alphonse de Chateaubriant qui lui fait la préface de son ouvrage Sur les Routes du Lot qu'il a entrepris en 1935 à la demande d'un autre ami Anatole de Monzie,(1876-1947), sénateur et député du Lot, ancien ministre, écrivain. En 1937, c'est la disparition de son jeune frère Paul. Bien que vivant modestement, il hésitait toujours à se séparer d'une toile. C'est dans ces années là qu'il fait la connaissance de Jean Marchand dit Mercator, avec lequel il aura des entretiens d'ordre spirituel.

Sur la fin de sa vie, il ne peint plus pratiquement que des sujets religieux, dans une grande luminosité vaporeuse qui va vers l'abstrait. Il ne voit pratiquement plus personne et vit replié, loin des siens et s'éteint ainsi le 11 Décembre 1947, rue de la Paroisse à Versailles, âgé de 85 ans.

Nous conservons de lui un buste en bronze, dû au sculpteur Jacques Louis Robert Villeneuve, acquis en 1917 par l'État français pour la somme de 3 000 F et conservé aux Archives Nationales. Madame Myriam Reiss-de-Palma à réalisé le Catalogue Raisonné de l'artiste et recense pas moins de 903 numéros, dont 873 illustrés dans son ouvrage.

Les oeuvres
Le paysage
Le paysage
Personnages au bord d'une rivière
Personnages au bord d'une rivière
Retour à Cythera
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