BOUVARD Georges-Noël (1912 - 1972)

Georges Bouvard est formé par son père Eloi Noël Bouvard (1875-1957) à partir des années 1932. D'abord spécialisé dans les paysages de style "Ecole de Barbizon", Eloi tombe sous le charme de la ville de Venise lors d'un voyage en 1930. Subjugué et conquis par la lagune de la cité des Doges, Eloi décide de se consacrer exclusivement à la représentation de cette ville aux milles et unes facettes. Il rencontre alors le peintre vénitien Rubens Santoro (1859-1942), qui le guide à travers les rues de la ville. Georges hérite de la passion de son père pour Venise qui lui prodigue conseils et astuces techniques afin de rendre au mieux les effets lumineux de la lagune. Il est probable que Georges n'ait peint que de vues de Venise tout au long de sa carrière, ce qui lui permit d'acquérir une forte dextérité et une sensibilité toute particulière dans la représentation de la ville et de ces célèbres canaux. Plusieurs vues de Venise sont passées en vente récemment comme Canal Vénitien vendu à Christie's Londres en 2003 ou encore Venise vendu par Bonham's en 2007.

Bien qu'elles représentent toutes la ville de Venise, les toiles de Bouvard ne se ressemblent pas. Chacune met l'accent sur un aspect du scintillement de la lumière du soleil, des reflets des monuments et des gondoles sur l'eau s'écoulant à travers les canaux. Ce qui fait la beauté de la ville de Venise pour les artistes est sa luminosité changeante, toujours différente selon les heures et les jours.

Venise a toujours su inspirer les artistes ; par son luxe, son histoire, ses festivités et son indépendance la ville attire et fascine les artistes. Déjà au XVIème siècle, âge d'or de la cité, les plus grands peintres tels Véronèse, Tintoret ou Titien rivalisaient dans la magnificence des couleurs et  les jeux de reflets. Les riches familles patriarches et marchandes se lançaient une compétition sans merci dans le faste de leur palais et la renommée de leurs artistes. Malgré la perte de sa puissance économique au XVIIème siècle due à la guerre contre les Turcs et à la fin de son monopole du commerce avec l'Orient, Venise continue d'échauffer les esprits. Pour preuve le français Claude Gellée (1602-1682) s'inspire de la lagune vénitienne pour réaliser ses paysages classiques comme Ulysse remet Chryséis à son père (1644, musée du Louvre). Au XVIIIème siècle des artistes comme Canaletto, Guardi ou Longhi ne se lassent pas de représenter cette ville de lumière. On peut d'ailleurs imaginer que Georges Noël Bouvard s'est inspiré des "vedute" de Canaletto (1897-1768). Ce dernier réalisait de somptueux panoramas de la ville à partir de croquis faits en plein air et recomposés en atelier. Il est célèbre pour ses perspectives atmosphériques remarquables et ses ciels aux multiples effets. Georges avec ses variations de brun, d'ocre et de blanc réussit avec brio à rendre l'atmosphère et la sensation du paysage.

Le travail de Georges Bouvard et de son père ont eu un  vif succès en France mais aussi en Angleterre. Les anglais sont depuis le XVIIIème siècle et la tradition du Grand Tour, très friands de paysages vénitiens. Il est possible que le nom même de "Bouvard" soit un pseudonyme crée par la galerie anglaise "Whigift Galleries" (qui représentait Georges et Eloi) dans le but de plaire à la clientèle anglaise. Pour la France, Eloi prenait souvent le pseudonyme de Marc Adline, à la consonance plus transalpine pour convaincre la clientèle française.

Les oeuvres
Gondoles sur la Guidecca
Gondoles sur la Guidecca
Un côté du canal de Venise
Un côté du canal de Venise
Venise
Venise
Les experts