Né à Damvillers, près de Verdun dans un milieu modeste et humble de propriétaires terriens et de paysans. Il suit des études secondaires à Verdun au lycée Buvignier et muni de son baccalauréat ès-sciences après une scolarité sans relief particulier, où il manifesta une timide vocation artistique1. Il arrive à Paris en 1867. Il entre à L'Administration générale des postes en tant que surnuméraire, ce qui lui laisse le temps de travailler le dessin. La situation n'est cependant pas glorieuse. À la même époque il tente le concours de l'École des Beaux-arts. Il ne sera pas reçu mais pourra fréquenter les cours en tant qu'aspirant. L'année suivante il est admis dans l'atelier de Cabanel où il s'entraîne à dessiner. Le 20 octobre 1868 enfin, il est reçu premier au concours et entre à l'école des beaux-arts dans la section peinture ainsi que son ami Louis-Joseph-Raphaël Collin. Commence alors de nombreuses démarches pour l'allocation de bourses, aides financières diverses... Il fait ses débuts au salon de 1870 avec un portrait qui ne fut pas remarqué. En 1873 il expose Au printemps et en 1874 Mon grand-père tous deux particulièrement appréciés par les critiques. En 1875 l'Annonciation aux bergers lui permet d'être deuxième au Grand Prix de Rome. Il va hésiter entre deux directions : les thèmes traditionnels et ses goûts pour les scènes de la vie paysanne. Peintre de la vie rurale, il aime travailler près des paysans, les suivre dans leurs occupations quotidiennes. Viendront : Les Foins, Saison d'Octobre, Le père Jacques, l'Amour au village, Le faucheur aiguisant sa faux, etc.
Dans le parc des Rainettes (à Damvillers), alors vaste verger, il souhaite créer un atelier de plein air. Il y reçoit des personnalités, telles que le frère du Roi de Serbie ou l'écrivain André Theuriet. Parallèlement, il fait une carrière de grand portraitiste par un travail qui rappelle le réalisme flamand dans ses dimensions modestes et sa facture précise. Ce sont les portraits du prince de Galles, de Monsieur Wolff, de Madame Godillot, de Juliette Drouet, de Sarah Bernhardt, etc.
Marie Bashkirtseff lui voue une admiration profonde. Il ne travailla guère plus de 10 ans et pourtant il laisse une œuvre étonnante et exceptionnelle. Ses toiles figurent dans les plus grands musées du monde entier : Paris, Londres, New York, Moscou, Melbourne, Philadelphie, etc.
Jules Bastien-Lepage n'a malheureusement pas pu donner toute la mesure de son talent, il meurt trop tôt à 36 ans en 1884 le 10 décembre, dans son atelier de la rue Legendre à Paris d'une tumeur cancéreuse placée entre l'abdomen et l'épigastre. Après sa mort, c'est son frère Émile qui donna au jardin des Rainettes son aspect de parc. Architecte des Beaux-arts, il devint peintre paysagiste.



